Trames & linéatures en flexographie.
Un dégradé qui s’efface progressivement, un détail qui reste visible dans une image sombre, une couleur pleine et régulière : ces résultats se préparent dès la photogravure.
La trame organise les points qui formeront l’image imprimée. La linéature détermine leur fréquence dans une trame conventionnelle. Leur choix doit tenir compte du visuel, mais aussi du support et des conditions réelles d’impression

1. Une image, quatre zones à maîtriser
Une trame doit préserver les nuances sur toute l’image, des zones claires aux aplats.
Les hautes lumières : tenir les premières nuances
Dans les reflets et les dégradés vers le blanc, les petits points doivent rester reproductibles pour éviter une rupture visible.
Les tons moyens : conserver les équilibres
L’engraissement à l’impression peut assombrir les images et modifier les couleurs. Les courbes de compensation s’adaptent au comportement sur presse.
Les ombres : préserver les détails
Dans les zones foncées, les espaces non imprimés doivent rester ouverts pour conserver les nuances et les détails.
Les aplats : assurer une couverture régulière
Un aplat doit être homogène et sa couleur maîtrisée. Sa qualité se vérifie par l’observation et la mesure, au-delà de la seule densité.

2. AM, FM et hybride : comment les nuances deviennent des points
AM et FM décrivent l’organisation des points, indépendamment du cliché, de la résolution de gravure ou de l’encre.
Pourquoi utiliser une transition hybride ?
Dans les zones très claires, certaines trames maintiennent une taille minimale de point et adaptent leur répartition pour accompagner le dégradé vers le blanc.
FM ne désigne pas une seule construction
En FM de premier ordre, la taille des points reste constante et leur nombre varie. D’autres familles modifient aussi leur regroupement.
Et le moiré ?
Les interactions entre trames, motifs du visuel et anilox peuvent créer des motifs parasites. En AM, les angles contribuent à les maîtriser. La FM évite la rosette régulière, mais le rendu doit toujours être vérifié.

3. Microtramage des aplats : travailler le transfert d’encre
Un aplat est une zone pleine. Son microtramage structure très finement la surface du cliché afin d’agir sur le transfert et la répartition de l’encre, contrairement à la trame qui construit les nuances d’une image.
Pourquoi structurer une zone pleine ?
Une texture adaptée peut améliorer l’homogénéité du dépôt et, selon les conditions, augmenter la densité optique. Le résultat dépend de l’encre, du support, du cliché et de l’encrage.
Plus dense ne signifie pas plus d’encre
Une densité plus élevée peut provenir d’une meilleure répartition de l’encre. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une consommation supérieure ou à une économie d’encre.
Trois mesures à ne pas confondre
La densité mesure la réponse optique, le ΔE00 l’écart par rapport à une couleur de référence et l’opacité le pouvoir couvrant, notamment pour le blanc. Ces trois indicateurs doivent être analysés séparément.
Vérifier aussi les détails autour de l’aplat
Il faut contrôler les textes en réserve, les éléments fins et les transitions. Un aplat très dense qui ferme les petites réserves n’est pas nécessairement le meilleur compromis.

4. L’anilox : au-delà de la linéature
La même configuration ne se transpose pas automatiquement d’une presse ou d’un support à l’autre. Avant de choisir une trame, il faut préciser le défaut à éviter et les conditions dans lesquelles le cliché va travailler.
Deux anilox de même linéature peuvent avoir des volumes et des géométries de cellules différents. Leur état et leur propreté influencent également le transfert. Pour préparer une étude, indiquez la linéature, le volume avec son unité et, si elle est connue, la géométrie de gravure. Un rapport numérique unique entre trame et anilox ne remplace pas ces informations.
